Café du français

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L’enseignement de la grammaire

dimanche, juillet 16, 2006

L’enseignement de la grammaire


1. Est-ce que la didactique moderne du français langue étrangère fait toujours confiance à la méthode « grammaire – traduction »?

Non, la méthode « grammaire-traduction » a commencé à être contestée. Le motif principal est que les règles grammaticales en soi ne semblent répondre aux besoins communicatifs de l’apprentissage.


2. Quel est le principal défaut de la grammaire traditionnelle?

On a imputé à la grammaire traditionnelle d’être trop normative pour pouvoir contribuer d’une manière efficiente à l’enseignement de la langue, vue comme moyen de communication. On lui a imputé aussi de présenter un grand nombre de règles et de contrerègles souvent dépassées par l’évolution des besoins langagiers, inutiles du point de vue de la progression didactique et de la présentation claire et logique du système.


3. Où est le plus grand défaut de l’enseignement de la grammaire normative?

On a imputé aux professeurs d’avoir envisagé la manière d’accéder aux connaissances grammaticales d’une manière déductive, à partir de la règle, ce qui ralentit forcément le processus d’acquisition des automatismes de langage.


4. Faut-il garder encore la nomenclature grammaticale dans la classe de langues?

On ne saurait se passer complètement de nommer. Les nomenclatures grammaticales deviennent nécessaires en classe de langue, à partir d’un certain niveau d’étude, par un souci de clarté de l’esprit, voire par un souci de clarté du système linguistique.


5. Quelles sont les étapes pour accéder aux connaissances grammaticales en classe de français langue étrangère?

On peut suivre trois étapes: 1) l’étape de la pratique, 2) l’étape de la découverte et 3) l’étape de l’abstraction. Ensemble, les trois démarches font partie de la grammaire réflexive.


6. Décrivez l’étape de la pratique dans l’acquisition des connaissances grammaticales.

S’imprégner d’exemples démonstratifs, de modèles de langue orale, pratiquer la langue. Cette phase ouvre la leçon de grammaire en s’appuyant sur une « conversation grammaticale », plus ou moins situationnelle. Au cours de cette conversation introductive, on évoque progressivement le fait de langue, la règle d’emploi, sans préciser rien de théorique.


7. En quoi consiste l’étape de la découverte?

Réfléchir sur les exemples démonstratifs, c’est découvrir un mécanisme linguistique, en prendre conscience. Il faut dire quand même qu’il est difficile de séparer nettement cette étape intermédiare de celle qui la précede et de celle qui s’ensuit. La découverte est une pratique, tout comme c’est une abstraction.


8. Quels sont les traits de l’étape de l’abstraction?

Réfléchir sur la réflexion, c’est déjà abstraire, aboutir à la règle. Il ne s’agit pas d’une règle abstraite et compliquée, mais d’une simple formalisation des constatations obtenues par la pratique et par la découverte. Pratiquer-découvrir-abstraire, c’est accéder à la grammaire réflexive.


9. Pourrait-on se passer complètement de grammaire?

La « méthode directe » – née comme une réaction contre la méthode « grammaire-traduction » – était fondée sur l’idée qu’on acquiert une langue étrangère mieux et plus vite par la seule conversation, sans faire appel à la grammaire, à un apprentissage conscient et systématique de la langue, ce qui a eu pour résultat une expression approximative et pauvre. En interdisant tout recours à la langue maternelle, la méthode directe n’a pas réussi à préciser et à élucider la spécificité du français langue étrangère, elle a jeté la confusion dans les esprits des élèves.


10. Si d’un côté la méthode « grammaire-traduction » est trop lente quant à l’accès des apprenants à la conversation, et d’autre côté la « méthode directe » ouvre trop la voie vers l’approximation et l’imperfection, que choisir?

L’enseignant doit être éclectique, tirer profit de toute théorie linguistique ou didactique. Chaque méthode a des avantages et des désavantages, l’enseignant doit exploiter chaque opportunité en fonction de l’âge de l’élève.


11. Est-ce qu’il faut l’enseignement de la grammaire en connexion avec l’âge de l’élève?

Bien que les règles grammaticales soient à rejeter dans une première étape d’enseignement de la langue, la réflexion grammaticale et les exercices cognitifs y contribuent pourtant à l’acquisition raisonnée de la compétence linguistique. Au niveau des débutants on préfère la grammaire implicite, au niveau des moyens et des avancés on accède à la grammaire réflexive, explicite.


12. Etant donné que la méthode déductive dans l’enseignement de la grammaire s’avère improductive, comment la remplacer?

La démarche pédagogique moderne postule qu’il ne s’agit pas d’expliquer telle chose en vue de son utilisation pratique ultérieure, mais de faire utiliser d’abord, pour expliquer ensuite (procédé inductif).


13. Quels sont les grands types d’exercices de grammaire?

Les exercices de grammaire peuvent être: cognitifs (d’analyse, d’identification), de transformation et de création.


14. Quel est le rôle des exercices structuraux dans l’enseignement de la grammaire?

Chez les débutants on fait surtout appel aux exercices structuraux. Leur efficacité est incontestable. Ils servent à fixer les structures nouvelles, à corriger les formes lexico-grammaticales mal assimilées, à maîtriser, en quelque sorte, le système de la langue, avant d’aborder la grammaire consciente.


15. Enumérer quelques éléments de la typologie des exercices structuraux.

La typologie des exercices structuraux comprend: exercices de répétition, exercices de substitution, exercices de transformation, exercices question-réponse, exercices de jonction.

[source Dorina Roman, La didactique du français langue étrangère]



28/08/2009
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